29 août 2010

Kingdom of Tonga, groupe des Ha'apai

Malo e lelei,

Nous sommes donc au Royaume des Tonga. Et pour rien ne vous cacher, c’est un autre grand moment que nous vivons avec beaucoup d’émotion, car les Tonga ont nourri pendant des années nos rêves de navigation. Alors y arriver par voie de mer, c’est encore un cadeau.
Notez, pas pour tout le monde, ligne de changement de date aidant, Leo y a laissé son dimanche (jour de repos CNED) ;-) …
Et oui, même si le temps semble s’être arrêté ici, n’empêche qu’en avançant nos montres (c’est une expression, on ne porte pas de montre ;-)) de 24H, on est maintenant en avance sur vous de 12H…

Nous avons choisi de faire notre première escale dans le groupe des Ha’apai, appâtés par l’idée de retrouver un peu le goût des Tuamotus. Au lever du jour, en arrivant à destination, nous prenons un beau thon d’une douzaine de kilos, yes !
Serait-ce un signe de bienvenue ?, dans tous les cas, les courses sont faites ! ;-)




En débarquant au village à Lifuka, les jumeaux sont de suite déroutés….les hommes sont tous en jupe longue et la plupart des gens portent le costume traditionnel, c'est assez rigolo.
Nous prenons le temps de découvrir le village, paisible, coloré par les tenues des écoliers, dont les couleurs sont différentes pour chaque école.
Le lendemain, nous allons ancrer à Uoleva, l’ile d’à côté, devant une magnifique plage de sable doré.
Le mouillage est très tranquille et nous apprécions la platitude du plan d’eau (surtout Leo qui peut enfin reprendre le CNED!!!), après quasiment un mois de mouillages plus ou moins rouleurs…
La température de l'eau nous surprend, sans doute pas plus de 26 ou 27°, ce qui est froid pour nous, mais manifestement les coraux s’en portent d'autant mieux. Leurs belles couleurs et leurs formes « artistiques » nous indiquent qu’ils sont bien vivants, du coup chaque snorkling est l’occasion d’une jolie et captivante ballade.
Le spectacle est le domaine réservé des majestueuses baleines humpback, qui chaque année entre juillet et octobre s’attardent dans les eaux des Tonga.
Nous tentons l’expérience du « whale watching » avec un guide local. Expérience !, car le petit bateau à moteur qui nous embarque apparaît rapidement très peu stable, chaque traversée des enfants d’un bord à l’autre du bateau (2 mètres), nous fait sursauter et nécessite de compenser pour ne pas risquer de chavirer, chaud devant… le vent monte et la mer commence à se lever, il est grand temps de faire demi-tour, c’est ce que doit lire sur mon visage notre guide qui nous propose de remettre à plus tard l’expédition…
Avec un autre bateau, une VHF et des gilets de sauvetage, lui dis-je, mi sourire…
Sur le retour, nous serons quand même bien récompensés par notre témérité ;-) par un baleineau venu sauter juste devant notre « barque », suivie de 3 baleines !, super !
Le vent s’est installé et est monté en intensité. Cela va durer 3 jours. Et qu’est-ce qu’on peut bien faire quand il y a beaucoup de vent et qu’on dispose d’un lagon peu profond au vent de l’ile ?
Du kite bien sur !
Bien entouré par une esquadrille de 4 kiters allemands, j’ai pu faire mes premiers pas en solo, quel pied !
Profitant ensuite de l’accalmie qui a suivi cette poussée de vent, nous sommes partis explorer des toutes petites iles (Hakauata et Lofanga) dépourvues de mouillages abrités.
Retour à Lifuka où la famille Tiloune vient d’arriver. A la grande joie de tous les enfants, nous décidons de partir ensemble mouiller à Foa. Coucher de soleil sur une plage magnifique, Paco, Marin, Leo, Arthur et Titouan se défoulent, contents d’être ensemble. Apéro sur na maka pour terminer la journée.












Le lendemain matin, nous partons pêcher avec Leo pour assurer le BBQ prévu sur la plage.
3 heures après, au prix de pas mal d’efforts (les poissons ne sont pas aussi dociles qu’aux Tuams !), la mission est accomplie. L’experte en smoker (fumoir), alias Nathalie, est prête à fumer perroquets et autres combattants. Le résultat est fantastique, on se régale de nos poissons fumés !
Les enfants entreprennent la construction d’un château géant pendant que les parents discutent TRANQUILLEMENT, hum, le bonheur !!
Le lendemain, alors que nous faisons route vers Haano, nous apercevons des baleines. Un autre bateau est déjà sur site. Pour ne pas déranger, on reste à distance, en attendant notre tour. A la jumelle, nous ne les perdons pas de vue.
La voie est libre, nous nous approchons, elles sont toutes proches, le spectacle est fascinant mais on en veut plus : « Leo, prend ton masques et tes palmes, on va à l’eau ! »
Nous voilà dans l’eau, Nath est à la barre et nous surveille à distance. Nous avançons doucement, avec un peu d’appréhension, vers cette énorme masse sombre qu’on distingue encore mal. Quelques coups de palme et nous sommes scotchés par la vue de la baleine, tenant un baleineau dans sa bouche et un autre la suivant collé sous son ventre. Wahoo !, quel spectacle !
Fin d’après-midi au village, à discuter avec une texane venue enseigner l’anglais dans ce village de 100 habitants. Très intéressant.
Retour au bateau avant la tombée de la nuit et la tombée de la pluie…, c’est bon pour nos réservoirs !
Le vent se lève, change de direction, lève un peu la mer et comme nous sommes un peu chahutés, nous décidons de lever l’ancre pour les Vava’u, situés à une nuit de mer.
Ainsi s’achève cette fabuleuse escale dans les Ha’apai.

Bonne rentrée !

Aloa,

Jérôme




Niue




Terre en vue, mercredi 28 juillet au petit jour…
Cette terre que nous découvrons progressivement au fur et à mesure que le jour se lève, c’est Niue.
En l’espace d’une nuit, nous passons du bleu dominant de Beveridge Reef au vert qui semble ici s’imposer. Mais qu’on ne s’y trompe pas, le bleu n’est pas loin et dans cette région du monde, c’est la couleur reine, les autres couleurs ne font que le servir.
Le temps d’un petit déjeuner panoramique et nous jetons l’ancre devant Alofi, la « capitale » de la plus petite nation de la planète.
1500 personnes se partagent cette ile très particulière, qui ne ressemble à aucune autre dans le pacifique sud. Pas de plage ou de très petites nichées dans la côte rocheuse, dans laquelle se cachent des centaines de caves sous-marines, très impressionnantes, de quoi largement fertiliser l’imagination de nos jeunes apprentis pirates ;-).
Nous sommes donc partis à la découverte de ces caves.
Ce jour là, Indiana n’était pas seul pour arpenter ces cavernes. 8 pirates, les 3 nôtres plus ceux de nos amis des bateaux Bicoque et Merlins (rencontrés à Niue) s’en sont donnés à cœur joie.
Le hasard des rencontres et celui des circonstances nous ont offert une très belle journée. Le matin, je vais pour louer une voiture, mais pas de chance, un groupe de touristes neozed a raflé toute la flotte pour la semaine. J’explique au loueur que je suis embêté car j’avais fait la promesse aux enfants de les emmener dans les caves…
Devant mon air dépité, ce sympathique loueur me propose exceptionnellement son minibus.
Arrivé au quai pour récupérer Nath et les enfants, nous avisons la famille Bicoque (que nous ne connaissons pas encore) et leur proposons de profiter de notre minibus pour visiter l’ile et ses caves.
Nous voilà donc partis. A notre première escale, de l’autre côté de l’ile, nous rencontrons la famille Merlins, arrivée à vélo. Nous partageons gaiement le picnic en plein oasis pendant que les enfants, petits et grands, achèvent le scénario d’un autre épisode de Benjamin Gates ;-)
C’est à quatorze plus 4 vélos que nous repartirons dans le minibus !
La suite de la journée sera toute aussi enjouée, nous irons de caves en caves, depuis la terre et depuis la mer.
Douche froide au retour, au sens propre comme au figuré, des trompes d’eau, le vent qui se lève violemment et qui s’engouffre dans notre gennaker (qu’on avait laissé « bêtement » à poste) résultat…, c’est la cata, il se prend dans le mat en l’affalant et se déchire …
Le reste de la soirée sera mouvementée, des rafales qui frisent les 40 nœuds, la mer qui se lève…et qui nous « pourrira » la nuit.
Le lendemain sera l’ambiance d’un dimanche pluvieux (et oui, ça arrive ;-)).
Mais contrairement à la veille, la fin de journée sera heureuse !, à bord de Bicoque le temps d’un apéro maison en compagnie également des Merlins.





Suite de la visite de l’ile, à moto cette fois, avec Leo. Ce jour là, il fait grand beau, et la marée basse nous permet d’admirer le reef rose-orange qui se découvre et qui borde l’ile, magnifique !
Mon copilote m’entraînera au fond de caves, mettant ainsi à l’épreuve ma claustrophobie naissante ;-)






Jeudi 5 août en fin de matinée, nous sommes prêts à reprendre la mer pour le royaume des Tonga. Mais manifestement, notre grande voile, elle, n’est pas prête …et à défaut de gennaker, pas le droit de la contrarier !
Et ce qui la contrarie et ce qui nous occupera une grande partie de la journée, c’est une « pauvre » petite vis du rail de mat qui en se dévissant s’est transformée en butoir empêchant la GV de monter.
Compte tenu du temps qu’on a mis pour identifier cette aiguille dans cette botte de mat et de l’énergie qu’on y a laissée (couture…), nous avons jugé préférable de reporter notre départ au lendemain, requinqués par une bonne nuit de sommeil.
2 jours plus tard et 260 MN plus loin, nous abordions The Kingdom of Tonga.

La suite, très prochainement.

La bise à tous,

Jérôme